Chèvres et moutons

Manger pour vivre

Lorsque vous venez en visite à la ferme, c’est sans doute la deuxième question qu’on me pose : que donnez vous à manger à vos animaux ? On vous dit tout ci-dessous.

(article en cours de finalisation)

Herbe à volonté

La principale et la première nourriture c’est l’herbe bien sûr ! L’herbe de nos pâtures : chèvres et moutons bénéficient de 5 hectares de pâturage tournant (cela veut dire qu’elle bouge d’un enclos à un autre) qui nous sert aussi à produire notre foin.
5 hectares c’est beaucoup mais c’est encore trop peu. En hiver, lorsqu’il a beaucoup plu mettre les moutons sur une pâture gorgée d’eau risque d’abimer le sol et de compromettre la production d’herbe au printemps. Ainsi, lorsqu’il pleut de trop, tout le monde rentre autour de la ferme sur de plus petits enclos avec un accès en bergerie où les animaux ont accès à du foin en permanence. Foin que nous produisons donc sur la ferme par nos propres moyens (c’est l’activité du père berger au mois de juin pendant 2 à 3 semaines).

Les compléments en bergerie

Dans les élevages classiques où les animaux sont là pour mettre bas et/ou faire du lait puis produire de la viande. Les compléments représentent une part importante de la nourriture. Ils permettent de contrebalancer un fourrage (foin) peu nutritif et apportent les nutriments dont les animaux ont besoin (protéine, azote, minéraux).
Dans notre ferme, les animaux sont présents toute leur vie sur la ferme, de leur naissance à leur mort, soit entre 12 et 16 ans. Pourquoi ? Les chèvres et moutons produisent de la laine toue leur vie. Par ailleurs, chaque membre, du troupeau, petit ou grand, jeune ou vieux produit de la laine et surtout apporte ses qualités à la bonne vie du groupe (un peu comme chez les humains, non ?). La nourriture doit donc permettre à chacun de vivre longtemps. Plus que riche, elle doit être équilibrée. C’est là que cela se complique car lorsqu’on regarde les manuels d’élevage on nous donne des proportions pour des animaux qui doivent produire vite et bien. Nous on veut que les animaux soient bien pour produire bien et longtemps. Notre nourriture est donc le reflet de la santé de notre troupeau et s’adapté au fur et à mesure de nos observations. Enfin, cette nourriture est le reflet de notre terroir car pour maîtriser au mieux ce que l’on donne à manger, il faut savoir comment cela est produit et avoir un accès facile à la nourriture pour donner à nos animaux ce dont ils ont vraiment besoin sans que le budget ne rentre en ligne de compte. Notre ferme est installée sur une ferme en grande culture en conventionnelle. Pour cette raison, la nourriture de mes animaux provient de la ferme du père berger.

Les compléments sont composés :
– Luzerne en ballot ou déshydratée – produit sur la ferme et deshydratée à Engenville (45)
– Petits pois – produits sur la ferme
– Betterave déshydratée produit sur la ferme et deshydratée à Engenville (45)
– Orge : donné exclusivement en fin de gestation – produits sur la ferme
Les quantités varient selon l’état de l’animal, le moment de l’année, la qualité du foin.

Ces compléments sont donnés humides. Pourquoi ? Deux raisons :
– Humides, ils sont mieux mélangés. En effet, les chèvres ont une fâcheuse tendance à trier. L’une mangera toute la luzerne, l’autre toute l’orge la troisième tous les petits pois.
– j’ai des chèvres de plus de 10 ans qui commencent à perdre leur dents. Elles ont donc plus de mal à s’alimenter avec le foin. Leur donner un complément humide me permet de m’assurer qu’elles auront au moins cette base pour bien se nourrir.

En plus de ces compléments, nous leur fournissons des blocs de différents minéraux en libre service

Les compléments dans la nature

Fin juillet, en Beauce, il reste souvent peu d’herbe riche de disponible. Si nous n’avons prévu que de l’herbe, il faut donc rentrer les animaux pour leur apporter du foin. Autre solution, les arbres et arbustes. C’est à cette époque que nous pouvons à nouveau couper les haies et cela tombe bien car les moutons et chèvres en sont très friandes.
Nous leur apportons ainsi différentes essences d’arbustes en fourrage. C’est une nourriture intéressante car riche en minéraux et en tanins qui leur permettent de lutter naturellement contre les parasites internes.

Vous le voyez, la nourriture de nos animaux est le reflet de l’éthique de notre élevage
– Transparence et local : toute notre nourriture vient de la ferme ou est produit autour de la ferme afin d’être certain de la provenance de chaque aliment
– Réfléchie : chaque ingrédient est réfléchi pour permettre à nos animaux de vivre longtemps et en bonne santé.
– joyeuse : oui cela peut paraître étonnant : comme pour nous, il arrive que nos chèvres et moutons mangent des choses dont elles n’ont pas vraiment besoin mais qui leur fait plaisir (à condition que cela soit local et ne les rendent pas malade).

Et donc… « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger », Molière n’avait sans doute pas si tort…

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